Angela Merkel, la lutte finale

Sous pression des jeunes conservateurs allemands

Au pouvoir depuis treize ans, Angela Merkel aura-t-elle le temps de préparer sa relève en toute sérénité ou sera-t-elle, tôt ou tard, obligée de partir dans la précipitation ? La question sera de nouveau d’actualité après les échéances électorales des prochains jours. Il semble loin, en tout cas, le temps où la chancelière allemande était sacrée femme la plus puissante au monde.

Affaiblie dans les sondages, attaquée depuis des mois par la CSU bavaroise, critiquée jusque dans les rangs de son propre parti, désavouée par le groupe parlementaire de la CDU…, Angela Merkel aurait toutes les raisons de s’avouer vaincue. Et pourtant, elle refuse de baisser les bras.

Non seulement, vient-elle d’annoncer, elle a bien l’intention de rester chancelière jusqu’au bout de son mandat en 2021, mais elle briguera aussi une fois de plus la présidence de son parti lors du congrès de celui-ci au mois de décembre. Poser la question de confiance ? Organiser des élections anticipées ? Pas question ! dit fermement la chancelière.

Ceux qui, dans les coulisses du pouvoir à Berlin, annonçaient déjà le départ précipité de la chancelière et avaient commencé à dresser la liste des dauphins susceptibles de la remplacer en prennent pour leur grade. Angela Merkel se montre combative. Elle n’a pas l’intention de céder sa place.

Dès son élection en septembre dernier, elle avait mis un point d’honneur à souligner qu’elle acceptait pleinement la responsabilité qui lui avait été confiée par les électeurs, et cela, pour les quatre prochaines années. Elle a toujours assuré aussi que la présidence du parti et le poste de chancelière devaient rester dans les mêmes mains.

 

Merkel tiendra-t-elle le coup ?

Reste à savoir si elle arrivera à ses fins. La partie est loin d’être jouée. Car la révolte gronde dans les rangs de la CDU et il n’est pas sûr qu’au mois de décembre son parti lui accorde la majorité dont elle a besoin pour conserver la présidence. Au Bundestag, les députés de son groupe parlementaire viennent déjà de lui administrer un camouflet spectaculaire en élisant à leur tête un candidat qu’elle n’avait pas choisi.

L’élection de Ralph Brinkhaus est interprétée comme un rappel à l’ordre à la chancelière : il est temps de changer de cap et d’entamer la relève. Doit-on voir dans cette révolte le signe précurseur d’une passation de pouvoirs prochaine à Berlin  ? Les membres de la Junge Union, la section jeunesse de la CDU, réunis samedi dernier à Kiel, dans le nord de l’Allemagne, n’ont pas ménagé leur chancelière.

«C’est simple, a sermonné leur chef, Paul Ziemiak, ça ne peut plus continuer comme ça. La grande coalition ne peut plus continuer à se donner en spectacle comme elle l’a fait au cours des dernières semaines. »

Les interminables querelles avec Horst Seehofer (CSU), ministre de l’Intérieur, et récemment la brouille autour du renvoi du chef des services de renseignements, Hans-Georg Maassen, qui avait challengé son autorité…, tout cela a considérablement agacé la jeune garde du parti.

Alors que la CDU dégringole dans les sondages et se retrouve en dessous des 30 %, il s’agit pourtant de tout faire pour remonter la pente. Et tout faire, ça veut dire dans un premier temps serrer les rangs pour éviter un désastre en Hesse le 28 octobre. La débâcle attendue de la CSU aux élections bavaroises de dimanche prochain et les lourdes pertes que devrait enregistrer la CDU en Hesse ne devraient pas améliorer la situation de la chancelière.

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