Islamisme, musique et art : L’Algérie à contre culture

Une crise au gout des années 90...

La confusion entre revendications sociales simples et légitimes et l’islamisme pur ne pourrait être justifiée dans un pays vacciné, il y a de cela quelques décennies. L’Algérie qui s’est refusé le régime théocrate et qui s’est agrippée aux tringles des républiques et des démocraties, malgré, bon gré, les militarismes, se voit aujourd’hui face à une guerre franche contre la joie, l’art et la culture.

Quand la caravane nommée « Linafrah Aljazair », ou Algérie joyeuses se fait interrompre par des Guendouras, Barbes, des Brouhaha et des cris d’Allahu Akbar, il y a de quoi s’alarmer. Si au sud la colère était justifiée, chaleur, canicule, injustice sociale et pas de clim, pas d’électricité et pas d’eau fraîche sous plus de 50°, l’interdiction d’un concert sous cris d’Allahu Akbar ne l’est pas, et n’a rien de revendications socio-économiques.

Il s’agit dans ce cas d’une dérive, un acte grave, puisque personne n’a chanté l’hymne national, personne n’a crié des slogans politiques, personne n’a évoqué l’ombre d’une injustice sociale. Personne n’a parlé d’électricité, et personne n’a parlé de Horga, mais une prière collective et un discours religieux furent à eux seuls les maîtres du rassemblement, dans une vidéo qui renvoie aux années du FIS à Alger.

Sidi Bel Abbes, capitale du rai et mère de « Ya zzina diri Latay », s’est révoltée contre un concert musical. El Oued à son tour, a vu son « Algérie Joyeuse » rebrousser chemin avant même d’y mettre les pieds, sous motif de températures dangereusement élevées. L’atmosphère tendue interdit aux Algériens du sud la joie, au nom des gardiens du temple qui ont autrefois réduit le pays à feu et à cendres.

C’est hier que les barbes longues et les gandouras blanches ont joué franc-jeu, à Tébessa, sorti de leurs sentiers, ils se sont pris à quelques jeunes qui dansaient au rythme de la musique Chaoui, de quelques citoyens qui voulaient cette joie, et aux musiciens sur scène.

Avant même de demander comment qu’ils ont pu s’introduire et semer la peur sans être arrêtés, cette bande de repentis et d’ennemis de la vie, la question qui se poserait impérativement est : Comment un peuple tel que le nôtre, qui a vu de toutes les couleurs à cause du terrorisme, se permet encore de tomber dans les mêmes erreurs.

Au nom de tous ceux qui sont morts pour que vive l’art et la culture, l’Algérie ne nous pardonnera pas. Au nom de tous ceux qui avaient résisté sous les menaces d’armes et de bombes, l’art, la musique et la culture ne nous pardonneront pas. D’interdiction en interdiction, chacun empiète sur les espaces de l’autre.

L’élite qui reste cantonnée dans les réseaux sociaux ou dans les cercles fermés inaccessibles pour la populace est tout aussi responsable, puisqu’elle se refuse son rôle naturel de sensibilisation et de propagation de lumière dans un temps où les misères ténébreuses replongent tout un peuple dans un mauvais souvenir.

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1 thought on “Islamisme, musique et art : L’Algérie à contre culture”

  1. Que ce soit clair,la responsabilité de la revitalisation de la secte islamiste est de la responsabilité du systeme,du regime,c’est lui,qui,quant ils sent que le peuple en a marre de sa gabegie,de ses rapines,des privileges outranciers dont il profitent indûment,s’apprête a faire entendre sa voix….il fait bouger les connards d’islamistes pour brouiller les cartes…une menace a peine voiler adressée a la population…il s’agit de ne pas tomber dans le panneau.

    Les veritables ennemies du systeme,ce n’est pas les islamistes..mais les democrates

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