La CNAS dépense 600 milliards de centimes pour l’achat d’un immeuble qui n’existe pas

En pleine crise financière

Dans le secret le mieux préservé et sans aucune justification rationnelle, la caisse Nationale des Assurances Sociales des Travailleurs Salariés (CNAS) a fait en 2016 une acquisition immobilière très troublante et suspecte. Elle a dépensé près de 600 milliards de centimes pour acheter un immeuble de 13 étages à Birkhadem, dans la banlieue d’Alger.

Cet immeuble de 13 étages avec un parking souterrain est, en réalité, une construction inachevée située sur un terrain se trouvant tout près du siège de la Caisse nationale des retraites (CNR) à Birkhadem.

Pour rappel, en 2016, l’Etat algérien ressentait gravement les conséquences de cette crise provoquée par la chute des prix du baril de pétrole.

Cette opération d’acquisition soulève effectivement de nombreux soupçons parce que l’immeuble en question appartenait à la promotion immobilière El Kortobiya. En plus, le terrain sur lequel a été bâti l’immeuble est en contentieux à cause d’un problème d’héritage non-réglé !  La transaction a été conclue dans le cabinet du notaire Fateh Boutbik qui avait perçu une commission de 18 milliards de centimes.

Aujourd’hui, rien ne filtre sur le sort de cet immeuble dont les travaux de construction sont presque à l’arrêt alors que ce projet immobilier devait être réceptionné en février 2017.

Et pourtant, cette acquisition a coûté nettement plus cher que la construction de l’Ecole Supérieure de la Sécurité Sociale située à Ben Aknoun. Cette école flambant neuve avait coûté, en dépit d’une nette surévaluation, à peine 400 milliards de centimes.

Le directeur général de la CNAS, Tidjani Hacène Haddam est appelé à fournir rapidement des explications à propos de cette affaire dont les contours ressemblent étrangement à un scandale de détournement de deniers publics entièrement étouffé.

L’ancien ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Mohamed El Ghazi doit également être interrogé à propos de ce dossier car cette opération s’est déroulée sous son “règne”.

Il est à noter enfin que les deniers de la CNAS proviennent des cotisations des 6 millions de travailleurs salariés algériens. Cet argent public est donc celui de tous les algériens qui travaillent dur pour cotiser.

Ces 600 milliards dépensés sans aucune transparence interviennent au moment où les équilibres financiers de la CNAS sont très fragilisés par la crise financière que traverse le pays.

D’ailleurs, pour éviter l’effondrement, les autorités algériennes ont prévu depuis le début de cette année 2018 l’affectation de 500 milliards de dinars pour la CNR afin que celle-ci, rembourse ses dettes vis-à-vis de la CNAS.

 

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