Les Algériens ont-ils peur de leur sexualité ?

La société algérienne conservatrice a toujours porté un regard chargé de préjugés sur la sexualité, ce qui a valu à la population une ignorance totale d’un aspect important de la vie.   «Le sexe est un pêché, mauvais, interdit et immoral voir dégoûtant». Voilà comment est élevée la grande majorité de la société. Au sein de la famille algérienne il est quasiment interdit d’aborder des sujets ayant trait au sexe. De ce fait, un manque de communication a été créé. Ajouter à cela le tabou de la virginité, de nombreuses femmes algériennes doivent demeurer vierges jusqu’à leur mariage, l’hymen représente l’honneur de la fille, de la famille, et de toute la tribu. Les filles préfèrent la préserver. Une valeur symbolique de cette membrane comme preuve de pudibonderie. Cependant, ceci n’annule pas le fait d’entretenir une vie sexuelle sans pour autant attenter à leur virginité. 

M.N jeune étudiante, en relation amoureuse déclare : « Avec mon petit ami nos relations intimes dépassent les flirts sans pour autant qu’il y est pénétration. Je tiens à préserver ma virginité surtout pour l’honneur de mes parents. Néanmoins on est créatifs, on pratique le sexe autrement.» Notre témoin parle de sodomie à demi-mot, une pratique très répondue chez les couples non mariés avec tout ce qu’elle représente comme risques. 

 

Pourquoi la jeunesse algérienne est-elle frustrée sexuellement ? 

Il est vrai que les temps ont changé, que les comportements et la vision que nos ancêtres portaient et celle de la nouvelle génération, sont nettement différents, mais il faut dire aussi qu’on fait face à une jeunesse frustrée sexuellement vivant dans un fossé creusé entre les hommes et les femmes. Il existe un refus de la mixité qui empêche les individus de nouer des relations ou des sentiments d’affection, d’amour et de tendresse.  Nous avons donc une mixité tronquée et incomplète, or, il n’y a pas de véritable mixité en Algérie. Alors que les hommes et les femmes fréquentent maintenant les mêmes lieux (d’études et de travail). Les femmes ne sont plus cantonnées dans la sphère domestique et mises hors de vue des hommes, et ce, d’autant que tout le discours ambiant, à travers une valorisation certaine des sentiments amoureux.  

Les jeunes dans leur grande majorité, rejettent les mariages arrangés mais n’agissent pas en conséquence. Beaucoup voudraient des mariages d’amour et même des relations sexuelles prénuptiales mais rejettent les femmes qui ont les mêmes pratiques.

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