Entretien : « Les caricaturistes subissent la Hogra et les menaces à Oran »

Entretien avec  Nour El Yakine Ferhaoui, artiste et dessinateur de presse :

Jusqu’à quand la liberté de la presse, d’opinion et d’expression sera muselée ? cette fois ci, c’est le tour d’un jeune et talentueux  artiste, dessinateurs de presse et  caricaturiste. Ce dernier, se noyant dans sa naïveté et sa volonté de servir son pays et sa culture, a voulu organiser un salon international qui réunira tous les caricaturistes.

Un salon qui servira la culture dans la wilaya d’Oran qui a tant besoin de se débarrasser de quelques clichés   « sobres et contraires aux valeurs algériennes», et les remplacer par des événements culturels de haut niveau et d’intellectuels. Mais c’était sans compter sur l’incompétence et le refus catégorique des autorités locales d’Oran qui ont, tout simplement et tout bêtement, interdit cet événement et rendez-vous d’intellectuels et d’artistes.

Algéri-Direct a rencontré Nour El Yakine, ce talentueux caricaturiste organisateur dudit évènement. Dans cet entretien, l’artiste revient sur les raisons de l’interdiction, et surtout vide son sac sur les pratiques scandaleuses et féodales  des « décideurs de la wilaya d’Oran.

Entretien.

Algérie-Direct : Bonjour Monsieur Nour El Yakine, Il parait que votre exposition a été interdite par les autorités ?

Nour El Yakine Ferhaoui : Je ne pense pas que le festival a été seulement annulé ou interdit comme il a été cité et paru dans certains pages de presse. Mais l’évènement a été, bel-et-bien, saboté par nos décideurs algériens, et ceux qui ont été intronisés à la tète de la ville d’Oran par ceux qui décident dans ce pays.

Un véritable coup de gueule monté de toutes pièces contre ma personne dans le but d’anéantir mon beau projet pourtant prometteur. A vrai-dire, c’était un évènement qui devait célébrer la liberté d’expression en Algérie que la ville d’Oran devait abriter du 7 au 12 avril 2018.

Une initiative unique en son genre à laquelle pas moins de 23 dessinateurs éditorialistes étaient conviés. Parmi eux, 8 célèbres caricaturistes étrangers détenteurs de visas d’entrée en Algérie, approuvés par le ministère de la culture.

Malheureusement, l’évènement que j’ai placé sous le thème « Oran 2021 » avec l’idée d’offrir à ma ville un festival de renommée internationale et faire naître  une belle porte d’entrée vers une dynamique culturelle et touristique enrichissante a bien capoté.

En tous cas, le salon international de la caricature, du dessin de presse et d’humour prévu du 7 au12 avril au Musée d’Art Moderne  a été totalement compromis en raison du comportement indélicat, voir négatif de nos administrés et des directeurs de ces établissements publics (autrement dit du peuple).

Il est claire que la liberté est bafouée, que comptez vous faire ?

Pour le moment je perds le nord, je ne sais quoi dire, j’ai la bouche « B ». Je me vois plus ignoré qu’autocensuré tellement le grand nombre d’articles et de lettres que j’ai ouvertes à propos de cette affaire sans aucune suite malheureusement.

Je suis déboussolé, voir choqué de ce que j’ai subis ces derniers temps avec ces tirants de la fonction publique sans que nul de nos hauts responsables d’Alger n’a bougé le moindre doigt, et c’est du ministre de la culture Azzedine MIHOUBI ainsi que du Wali d’Oran Mouloud CHERIFI que je me plains.

Mais ne vous inquiétez pas, avec l’aide du bon dieu et avec les bonnes idées que je possède en moi, je ne me laisserais jamais avoir par des voyous qui parviennent à faire de cette ville et des richesses de son patrimoine culturel et touristique un système de destruction massive.

Enfin, et comme je viens de le dire en haut du texte, ils sont comptés aux doigts ces derniers. Primo, ils existent ceux qui sont connus par leurs incompétences comme par leur pauvreté intellectuelle, et c’est contre ces marchants du Showbiz culturel que je m’acharne.

Secundo, il y en a ceux des magouilleurs roublards qui sont beaucoup plus prompts à se servir qu’à servir ou encore à s’accrocher à leur fauteuil plutôt que de se mettre au chevet de la ville d’Oran, et ici je pointe du doigt le premier magistrat de la ville d’Oran Noureddine BOUKHATEM et ses acolytes collaborateurs.

Tresco, l’une des causes de ce fléau est l’impunité dont semble jouir trop d’élus et de décideurs qui, malgré leurs condamnations, dans des affaires de détournements ou abus de biens publics, dans des faits de corruption active ou positive, ou d’abus de pouvoir lié à leur mandat, aucune condamnation n’a été prononcée à leur encontre.

Enfin de compte, ils reviennent, sans honte, sur la scène politique avec la priorité d’accéder à la gestion des fonds publics estimée à des milliards de dinars. Pour être clair, il n y a pas que la liberté d’expression qui est en jeux ici. Il y a aussi question de DROIT qu’on applique que pour les plus puissants, et il y a aussi question de LOI qu’on applique contre les plus faibles et l’Algérie est ainsi faite.

Par ces pratiques, le pouvoir menace-il l’existence même de la caricature en Algérie ?

Est-ce que mon projet est menaçant pour la sécurité de mon pays ? S’agit-il d’un obscurantisme dangereux comme il a été dit dans certains journaux…..?.

Est-ce qu’il y a eu atteinte à l’ordre public ? Est-ce qu’il y a question d’atteinte aux « valeurs nationales » ? Est-ce que j’ai invité, à la manifestation prévue, des espions à la solde de puissances hostiles ?

Ai-je-défendu des idées contre l’authentique culture, laquelle est libre connaissance ?…

Si tel est le cas, que les représentants de l’autorité le déclarent publiquement, et je serais le premier à les soutenir. Car seule la vérité est à considérer.

Oui, je crois qu’il s’agit bien de menaces visant  l’existence de la liberté d’expression écrite ou dessinée, et les autorités administratives d’Oran comme ceux d’Alger l’ont prouvé en entravant le projet du salon international de la caricature, du dessin de presse et d’humour d’Oran, pourtant approuvé par le ministère de la culture, et dont l’exploitation des espaces du MAMO a été agréée par la directrice du Musée National Public d’Oran dont je possède en moi une duplicata dudit agrément.

Comment évaluez-vous la liberté d’expression en Algérie ? Et particulièrement la liberté des caricaturistes ?

Je n’ai rien à dire ici, je vous propose à consulter les témoignages de mes amis caricaturistes et dessinateurs algériens comme étrangers, parus entre le 14 et 30 Mai 2018 dans le site d’information électronique « Le Matin d’Algérie », et c’était dans le cadre d’une exposition virtuelle internationale.

L’idée d’organiser ce genre d’expo électronique ou  online était la seule solution de recréer une nouvelle plateforme d’affichage, aussi pour réunir, à distance, mes invités que j’avais l’intention de faire venir à Oran.

Et je remercie spécialement mes amis Ghilas AINOUCHE, Djamel LOUNIS et Pierre BALLOUHEY qui ont répondu à cette nouvelle version du salon international virtuel de la caricature, du dessin de presse et d’humour d’Oran.

En fin de compte, il n’existe aucune volonté d’être plus souple en matière de liberté d’expression en Algérie car le parrainage dudit évènement était qu’une fausse promesse, et me fermer les portes du MAMO au nez, le jour de l’inauguration de la manifestation sous prétexte des préparatifs du mois du patrimoine, était qu’une opération que ceux qui décident avaient préparée à l’ avance pour anéantir mon projet.

Tandis qu’avec l’idée de réorganiser mon projet virtuellement et avec une autre façon d’exposer et de s’exprimer comme l’expo en ligne, ce n’était qu’une réponse dû aux abus de pouvoir, à l’incompétence, à la bureaucratie et surtout aux injustices dont je n’arrivais pas à faire face.

5-Durant votre combat pour réaliser l’exposition à Oran, avez-vous sollicité des solidarités d’associations ?

Je n’ai sollicité aucune solidarité, je faisais confiance aux décideurs de mon pays, et aux propos du Wali d’Oran quand il a fait appel aux artistes oranais dans le but de contribuer pour l’organisation des prochains JM de 2021, et c’était en mois d’octobre 2017 lors d’une rencontre avec les journalistes au siège de la wilaya que ça se passait, ce qui n’était qu’illusions malheureusement.

Ah, j’ai oublié !! Vous venez de me demander aussi si j’ai sollicité l’aide d’associations culturelles dans l’espoir d’aboutir à mon projet ? Sincèrement, j’ai toujours refusé d’échanger avec des businessmans de la culture, comme collaborer avec des passeurs cupides et inhumains sous la couverture « d’échanges internationaux ».

Et je sais de quoi je parle et à qui je m’adresse là !

Un dernier mot en guise d’appel aux autorités, à la corporation ou à la communauté internationale?

A Oran, la culture est devenue un enjeu business et un phénomène d’ignorance envers l’artiste, le créateur ou le porteur de projet. Avec l’intronisation des nouveaux décideurs culturels à la tète de cette ville, comme avec la succession du maire à sa propre personne, la gestion de l’art et du patrimoine culturel se sont transformés en un veritable Bric-à-brac.

Surtout depuis que le relais de la gestion culturelle a été dominé par l’actuel directeur Kouider Bouziane, tout s’enlise dans l’inertie, l’amateurisme et la médiocrité. À l’Office National des Droits d’Auteur, seuls les proches ou chanceux collaborateurs sont couverts financièrement, et tout commence à partir du siège régional d’Oran, où ’ai été arnaqué, sous l’œil muet des autorités bien sure.

Concernant les expositions collectives, les concours artistiques et les appels à projets, tout est centralisé entre les mains du directeur de l’école régionale des beaux arts d’Oran et sa compagnie Créole.

Quant à mon dernier mot : nous les artistes et créateurs algériens de talent nous sommes entrain de subir une misère sociale et le plus pire des conditions dans l’espoir de s’épanouir dans notre propre pays sans que nul nous force à s’exiler ailleurs. Et tout ça à cause d’une gestion opaque et chaotique dont nous sommes victimes.

Pour rappel, Azzedine MIHOUBI, Ministre de la culture : il n’a jamais répondu à la lettre que je lui ai ouverte et publiée le 17/04/2018 dans « Le Matin d’Algérie », et le 23/04/2018 dans « CAP OUEST ».

2-Abdallah BOUGUANDOURA, Directeur de l’ODPCA au Ministère de la culture : me recevait avec un gout amère et n’apprécia guère l’idée de mon projet. Il est le seul a délivrer les parrainages des manifestations culturelles. Il est aussi collaborateur avec le FIBDA.

3-Mouloud CHERIFI, Wali d’Oran : refusa de me recevoir même avec le grand nombre de lettres que je lui ai déposées au sein de son cabinet, y compris celle que je lui l’ai ouverte le 8/03/2018 dans « El Djoumhouria »

4-Kouider BOUZIANE, Directeur de la culture d’Oran : seul et premier responsable de ce sabotage avec la collaboration de ses hauts décideurs. Il refusa de me recevoir, et classa mon dossier aux oubliettes

5-Abbes BOUAKEUL, Chef de cabinet de l’APC d’Oran : refusa de m’octroyer les espaces de la Régie Communal des Ars et de la Culture et pourtant j’ai présenté l’autorisation du salon

6-Sami BENCHEIKH, DG de l’ONDA : Apres avoir signé un protocole de subvention d’un mentant de 300 000 DA dans le cadre du fond à la création, il refusa, non seulement, de me virer dans mon compte cette modique somme,  mais il m’ignora tout d’un coup sans aucune explication.

7-Boucif BELHACHEMI, Directeur régional de l’ONDA : il m’a exploité durant plus que 5 mois dans le but de médiatiser sa personne vis-à-vis l’évènement, jusqu’au jour où il m‘ignora, et ce suite à un conciliabule qui a eu lieu à Bologhine une semaine avant l’inauguration du salon afin de saboter tous les efforts que j’ai donnés pour la bonne réussite de l’évènement, en présence de Kouider BOUZIANE et du DG de l’ONDA.

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3 thoughts on “Entretien : « Les caricaturistes subissent la Hogra et les menaces à Oran »”

  1. Chapeau bas, très bas pour cet intellectuel qui mène un lourd combat contre les tartares de l’inculture qui ont reduit la ville d’Oran à néant, il n’a pas encore baissé les bras…

  2. Monsonges, Monsonges, monsonges, et que des propos monsongeres de la pars du ministre de l’inculture Azeddine Mihoubi lors de son discours tenu aujourd’hui lors du forum Al Hiwar. .

  3. Toute cette raclure sans origine, venue je ne sais d’ou, a fait de cette ville de sidi Lahouari un lieu de rassemblement de la Gay Pride ,ville des saints hommes, souillée par la force des assauts noctambules,ville trahie par ses traîtres qui assure anonymat de la canaille,ville de la dépravation morale, ou la drogue dur, alcool ,prostituées importées d’autres cites, se donnent rendez vous tels les oiseaux migrateurs… sous le haut patronage des patrons… je ne sais quoi ajouter !

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