Remaniement : Pourquoi le clan présidentiel a maintenu Ahmed Ouyahia

Le scénario de Benflis en 2003 plane à Zeralda

Le président de la République a opéré un remaniement ministériel partiel. Contre toute attente, le premier ministre Ahgmed Ouyahia est maintenu à son poste de Premier ministre. Pour certains, ce maintien répond à des critères stratégiques et politiciennes. Selon des observateurs, il était prévu qu’Ouyahia quitte le gouvernement et sera remplacé par Tayeb Louh.

Mais après tractations et négociations, l’on a finit par maintenir Ahmed Ouyahia à son poste. Les raisons sont multiples, car l’enjeu principal est les présidentielles de 2019. Ouyahia nourrit en effet des ambitions présidentielles. « Il va à la rencontre de son destin » comme il aime à le dire lui même dans les plateaux.

Selon des indiscrétions, le clan présidentiel ne veut pas revivre l’épisode de 2003 lorsque Ali Benflis, alors Chef de gouvernement, a été limogé. Une erreur qui a faillit être fatale pour Abdelaziz Bouteflika. Il a failli, en effet, être battu en avril 2004 par son ancien chef de gouvernement. Ali Benflis était vainqueur dans tous les sondages.

Ce limogeage a permis à Benflis de se concentrer exclusivement à sa candidature. C’est justement l’erreur que Said Bouteflika ne veut pas refaire. En maintenant Ahmed Ouyahia, le clan présidentiel compte le garder à l’œil. Tout prêt,Ahmed Ouyahia ne peut s’occuper de son parti ni de sa candidature.

Selon une source qui s’est confiée à Algérie-Direct, Said Bouteflika a pesé lourd dans cette décision. « En 2003, le conseiller spécial Said Bouteflika et feu Larbi Belkheir, alors directeur de Cabinet de la Présidence de la République, étaient en réunion au bureau du président ».

Il y avait en réalité deux thèses qui s’affrontaient : celle de Larbi Belkheir et celle de Saïd Bouteflika.  Le directeur de cabinet à la présidence avait proposé au chef de l’État de maintenir Ali Benflis à son poste  et de ne pas le limoger dans l’immédiat. Ses arguments étaient : Le laisser maintenant à la tête du gouvernement avec tous les problèmes qui se posent va l’affaiblir considérablement s’il décidait de présenter sa candidature. La population lui dira que tu es complice de la gestion chaotique des affaires de l’État. Le limoger, par contre, maintenant signifie le libérer et lui donner plus de temps et de pouvoir pour s’occuper des affaires de son parti », nous révélera la source qui était très proche de Larbi Belkheir au temps où il était ambassadeur au Maroc.

Et d’ajouter que « la proposition de Saïd était tout le contraire. Il revendiquait le limogeage illico presto de Benflis. Ses arguments étaient : “Son limogeage provoquerait son affaiblissement considérable. Il sera lâché », lui dit-il, par ses ministres, ses parlementaires, ses kasmas, ses mouhafadhas et tout le monde se retournera contre lui. S’il reste au gouvernement, il nous bouffera et installera ses relais partout ».

Devant un dilemme et une décision qui déterminera la suite du parcours d’un président, Abdelaziz Bouteflika a tranché pour la position de son frère.

Said Bouteflika n’a pas oublié cette erreur et compte à tout prix la rectifier. Maintenir Ouyahia est donc une stratégie pour museler et faire taire un premier ministre qui veut de jours en jours se rapprocher plus du poste de premier magistrat du pays. Un rêve qu’il caressait depuis toujours.

La suite est donc clair, Abdelaziz Bouteflika sera bel et bien candidat à sa propre succession en 2019

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