L’UGTA propriété privée de Sidi-Saîd

Chronique

Le corps électoral convoqué par le président de la République, de nombreuses lettres d’intention de candidature ont été déposées au siège du ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales, en même temps, différentes institutions ont affirmé leur soutien à la candidature du président sortant Abdelaziz Bouteflika, et parmi ces institutions se trouve l’UGTA.

Extrêmement fidèle à ses habitudes, Abdelmadjid Sidi-Saîd à la tête de l’Union Générale des Travailleurs Algériens depuis 1997, n’a pas perdu de temps pour s’afficher grotesquement en public et déclare son appui à un cinquième mandat du président de République Abdelaziz Bouteflika.

Comme tous les autres fervents défenseurs du cinquième mandat, Abdelmadjid Sidi-Saîd, a le droit de s’exprimer et de soutenir le candidat qu’il désire, mais il n’a absolument pas le droit de s’exprimer au nom d’un organisme qui a pour rôle de défendre les travailleurs algériens sans tenir compte de leurs mouvances ou de leurs positionnements politiques.

Secrétaire général de l’UGTA depuis plus de vingt ans, Abdelmadjid Sid-Saîd, a réaffirmé, comme lors des élections précédentes de 2014, son appui à la candidature du président Bouteflika en mobilisant les membres de l’institution qu’il préside pour réunir les signatures de candidature de son « excellence ».

L’Union Générale des Travailleurs Algériens, fondée durant la guerre de libération nationale en 1956 par Aîssat Iidir, Mohamed Filssi, Abane Ramdane et bien d’autres, avait pour mission de défendre les droits des travailleurs algériens, ce qui a fait d’elle la première confédération syndicale en Algérie, par malheur, à la fin des années 90, L’Union a commencé à dériver de sa ligné initiale, actuellement, elle ne défend pas les travailleurs mais elle travaille pour son « excellence ».

Comment se fait-il qu’une confédération, censée représenter les travailleurs algériens sans tenir compte de leurs appartenances politiques, soit mobilisée pour récolter les signatures et faire la propagande à un candidat aux présidentielles ? Ne devrait-elle pas être impartiale ? Ne cherchons pas de réponses à ces deux questions, puisque toutes les autres institutions se sont également mobilisées dans le but d’offrir leur appui à la candidature de Bouteflika pour briguer un cinquième mandat, et de ce fait, les dirigeants de ces institutions, sans vergogne, déclarent ouvertement aux algériens : « Nous vous crachons dessus ».

L’UGTA ne représente plus les intérêts des travailleurs algériens, elle est devenue un mécanisme de propagande néfaste, qui instrumentalise la lutte des travailleurs dans le but de satisfaire les ambitions des clans au pouvoir.

Il est temps pour Abdelmadjid Sidi-Saîd, ainsi que toute sa meute, de laisser la place à des personnes compétentes qui peuvent assumer le combat des travailleurs sans qu’ils ne soient sous les bottes des politiques.

Azzedine DERRADJ

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